Apocalypse selon St-Jacques

Alors

on leur donna des fourches
et à d’autres des piques
pour surveiller la cuisson
de tous ceux et celles qui avaient ri
en les jetant vivantes
dans des marmites d’eau bouillante

elles, les coquilles Saint-Jacques

mais aussi les homards, les langoustines
et sans oublier, tous les oubliés :

les poissons panés !

ces poissons sans queue ni tête
ces poissons un peu bêtes
jetés vivants rectangulaires
dans un état de stress géométrique
sur fond de poêles chauffées à blanc
tapissées d’huile

écoutez-le hurler, le poisson pané
le poisson pané ne crie pas, il ne hurle pas
le poisson pané frit, c’est son cri à lui

son hurlement !

mais ils auront leur revanche
les poissons panés
mais elles auront leur vengeance
les coquilles Saint-Jacques

« que faisiez-vous aux temps chauds
des cuissons dans l’eau, dans l’huile
de tous nos amis jetés vivants ? »

demandèrent-elles lors du procès
à tous ces guère emprunts à rire maintenant

« eh bien, nuit et jour
nous riions, nous mangions
ne vous déplaise »

« ah, vous riiez
ah, vous mangiez nos amis
eh bien, hurlez maintenant

eh bien, souffrez maintenant qu’à notre tour
nous vous fassions souffrir, vous et vos amis
et nous nous régalions de vos souffrances
car elles nous sont si savoureuses, si délicieuses

ne vous déplaise »






(Image par LoggaWiggler de Pixabay)


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