Un mauvais exemple

« Terminus, dernier arrêt
tout le monde descend ! »

crie la Chef de station

« comme d’hab
le destin est toujours à l’heure »

se fend-Elle
d’un sourire moqueur

c’est vrai que là…
c’est la phase où…
plus un gus n’élude la question

«  bordel, J’ai dit : teeerminuuus
descente du buuus ! »

regueule la Chef de gare

«  station Couchée
tout le monde debout ! »

se marre-t-Elle
en aiguisant du métal

«  hé, toi, là-bas !
tu te fais dessus, hein ?
sage résolution
que ça te serve de leçon

à la prochaine incarnation
tu prends tes précautions »

et Elle se marre La Garce

«  patience, patience les gars
un jour, Elle aussi
Elle va finir par casser sa pipe
La Salope »

chuchote un sale type

Elle se retourne avec furie

«  hé, toi, là-bas !
c’est de Moi que tu parles ?
non mais… tu sais qui Je suis ?
ah, Je te fais rire ?

de quoi ?

J’ai l’air d’une conne
avec ma robe et mon outil ?

oh, putain !

chopez-le-Moi, mes Furies
et ramenez-Moi ce ver de terre
on va en faire un exemple
avant qu’il contamine les autres ! »



image : La Faucheuse sur Publicdomainvectors


Le cheveu de trop

Dans la cour du château
il y avait ses chevaux
au milieu de la cour
il y avait son piano

assise sur son petit tonneau
ses dix doigts galopaient
comme autant de petits sabots

avec sa maman elle jouait
des valses à quatre mains
pour les petits oiseaux
des valses des jardins

bien avant de jouer du piano
elle avait déjà des châteaux

bien avant de prendre de haut
tous les gens du château
elle montait déjà sur ses grands chevaux

elle posait ses mains sur le cou du piano
les notes avançaient au petit trop
avant de lancer un galop

avant de jouer du piano
elle saluait toujours ses chevaux
dans la cour du château

des chevaux, des pianos
elle en a cassé plus d’un au galop

quand elle était en colère
elle se ruait sur son piano
quand elle ratait un morceau
elle cassait un château

elle portait ses cheveux
aussi grands que ses chevaux
jusqu’aux cieux
les couleurs du château

dans les tournois de chevaliers
elle jouait du piano debout pour ses héros

aux dés, aux petits chevaux
elle s’emportait quand elle perdait
un hiver, une grippe l’emporta d’un cheveu

son père tua tous les chevaux
et s’arracha tous les cheveux
sa mère se jeta dans la chaux
plutôt que finir s’arracher la peau

ses chevaliers partirent en guerre
lui rapporter de beaux chapeaux
dont ils couvrirent tout son tombeau

on interdit les dés, les petits chevaux
et aux chants leurs oiseaux

sous son dos au tombeau
reposaient silencieux ses cheveux



image : Jopa Elleul sur Flickr


Les flocons

Sur un simple coup de tête
pour chasser fatigue et soucis
je pars en balade en baleine

dans son ventre végétal
meublé d’un canapé de plancton
la canopée de mes pensées
compose une salade
savant mélange
de ballades garnies

je chantonne quelques couplets
assaisonnés du geste et du refrain
dans un rot, la baleine me régurgite
‘bah, j’ai dû toucher la luette’

l’heure est venue de rentrer : « hep ! »
je surfe sur le dos d’un merlin taxi
tous mes sens sont éblouis

gifles du sel
bris bruyants du soleil
cris des oiseaux sur l’ennemi

charges du vent
toutes voiles dehors
volant
dans les plumes des oiseaux

vols à l’arraché
par boîtes de flocons
d’un bal entier de valses de duvet

je siffle : « les oiseaux sont mes amis ! »
il me hurle aux oreilles
me pousse à l’eau

cette fois, c’en est trop
j’ouvre les yeux, relève la tête
échoué sur mon canapé
fatigue et soucis sont partis

à l’écran de ma fenêtre
un quartier tout entier de la lune
est resté allumé

dans les grésillements de la nuit
de la neige cathodique balaye
les quatre saisons de mon insomnie



image : dimitrisvetsikas1969 sur Pixabay


Récréation électorale (2)

POSTE DE COMMANDEMENT
(au loin de la manifestation)

« Driiinnnggg, driiinnnggg »

face à une mosaïque d’écrans
remplis de flammes et de fumées
de jets d’injures et de pavés
de déluges de coups de matraques

de lancers offensés de grenades sans défense
de tirs dans la tête de flash-balls sans danger
d’obus d’œufs d’eau sous pression de la rue
de mortiers, de canons à eaux, de jouets, quoi !

(« il faut bien que mon peuple s’amuse
il est plein d’énergie comme un chien
moi, mon rôle, c’est de le bien dresser »
disait au Ministre ‘le roi sans divertissement’
s’abîmant devant sa télé, sa vision du pays)

face à tous ces écrans remplis de direct
le préfet de Police décroche le téléphone


AU BOUT DU FIL, LE MINISTRE


monsieur le préfet de Police
vous êtes un incapable !

je reprends directement les choses en main
j’ai carte blanche jusqu’à demain

passez-moi l’officier responsable
du maintien de l’ordre sur le terrain


VÉHICULE PC OPÉRATION
(au plus près de la situation)


allô, commandant ?
c’est votre Ministre

je vous vois en direct sur BFMTV
autant dire que je vous aurez à l’œil
toute la nuit jusqu’à demain

que les choses soient bien claires

cette nuit, la rue est le théâtre urbain
des règlements de comptes du gouvernement

tout doit être achevé
blessés y compris si besoin
avant le conseil des Ministres
de demain matin

méritez votre salaire
à la sueur de vos poings

tiens, j’ai une idée

enfilez des brassards CGT
aux morts par accident

que l’opinion sache
que nous rendons coup pour coup
au vice des communistes

le Président m’a dit :

« les Russes à Paris ?
moi vivant, jamais ! »

mettez-leur sur la gueule à l’ancienne
affrontez-moi cette foule qui m’écœure
au corps à corps sur ce qui reste de pavés

vous n’auriez pas du fer bien rouge ?
je voudrais marquer les esprits

chargez-les baïonnette au canon
comme au bon vieux temps
des Premières Républiques

refoulez-les jusqu’à la Seine
balancez les plus teigneux
dans ce cloaque putride
qu’ils s’y décomposent
en un rien de temps

commettez proprement les crimes de l’État
c’est le moindre qu’on puisse exiger
d’un État de droit

au pire, vous commettrez des excuses

que je sache
s’ils ne nous aiment guère
les procureurs nous obéissent encore

c’est la moindre des choses dans un État de droit
que la justice du pays soit entre de bonnes mains

commandant

c’est le moment de me prouver
que vous êtes un homme
et loyal par-dessus le marché

un bureau de colonel, ça se mérite

arrêtez d’être le polichinelle des règlements
soyez un homme tout simplement

faites usage d’une arme de poing
qui ne soit pas de service ce soir
et tirez dans le tas à bout portant
au beau milieu des fumigènes

ça devrait suffire
à tous les disperser
et à arrêter tout ça

vous avez bien un kit
de gestion des imprévus
à portée de main ?

une trousse à outils d’urgence
de dernière minute à vivre ?

hé ! pas d’entourloupe
je vous ai à l’œil, hein ?

si jamais je tombe, demain
au conseil des Ministres
vous, en revanche, vous volez

mon collègue et homologue à la Justice
se fera un devoir de falsifier votre casier
pour vous faire danser au bout d’une corde

un gouvernement solidaire, toujours
se tient les coudes de façon collégiale

nul ne sait quels crimes
vous commettrez bientôt
dans votre passé judiciaire

sans compter cette affaire dans votre dossier
qui vous suit depuis votre début de carrière
il reste encore dix jours avant prescription

ah, décidément, vous les cumulez !

vous voilà au bord du gouffre dans de beaux draps
pour amortir la chute, ramasser les morceaux

il est encore possible d’arrêter tout ça
si vous faites affaire avec moi, maintenant

marché conclu ?

mais attention, entendons-nous bien !

ceci est un ordre direct
que je ne vous ai jamais donné

je nierai tout en bloc
devant les deux Assemblées

vous nous réglez notre problème, ce soir
au plus tard, dans la nuit

vous nous ôtez cette épine du pied

moi, pendant ce temps
je vous signe un chèque en blanc
jusqu’aux grades :

de lieutenant-général en chef des logis
et de contre-amiral d’escorte de réserve

votre père était marin-pêcheur
ça lui ferait plaisir d’en haut
de réussir enfin son fils

pensez aussi à lui
pas qu’à vous

soyez opportuniste

quant à moi, je n’ai rien dit
agissez selon votre conscience
ou votre plan de carrière

vous voulez faire carrière ou bien
rester toute votre vie un officier
juste au-dessus des subalternes ?

dois-je déjà vous appeler, colonel
en attendant que se libère
une place de maréchal
près d’une avenue
avec pignon sur rue ?

Il faut savoir donner
un coup de pouce au destin
en pliant au bon moment
l’index sur la détente

détendez-vous
ça va le faire
ça va bien se passer

après, vous verrez
vous vous sentirez un autre homme
un de ceux sur qui on peut compter

compter sur l’index
ça se compte sur les doigts

c’est pas rien ça



image : Kordite sur Flickr



liens : Brigous sur Chhh!ats complètement perchés, chhh !


Récréation électorale (1)

Sur BFMTV

c’est le choc des images en direct

les CRS en charge du maintien
peinent à contenir le désordre
dans le périmètre dévolu au chaos

en haut lieu, on s’inquiète
de la tournure sociale des choses


« driiinnnggg, driiinnnggg »


à la maison, en short dans son fauteuil
devant sa télé, un verre à la main
le ministre décroche son téléphone


AU BOUT DU FIL, LE PRÉSIDENT


monsieur le ministre de l’Intérieur
laissez-moi vous dire une bonne chose

la République n’a pas vocation
à entretenir trop de lueurs d’espoir
dans des yeux déjà correctement remplis de larmes

cet air d’embrun leur va si bien

au contraire

distillons-leur de doux mensonges
et contentons-nous d’entretenir d’un doute
la flamme vacillante de leurs revendications
qu’elle s’éteigne d’elle-même
sans faire trop de vacarme

et sur les cendres encore chaudes
de leurs défaites syndicales
nous bâtirons l’Église des Justes
car Riches et Puissants

une autre Église, un autre son de cloche
nouvelle Église, nouvel évangile

qui prient l’Argent
d’édifier nos âmes
par les mystères de la matière
que l’Argent nous achète à grand prix

ô dieu Marchand
que l’Argent nous rachète
de toutes nos horreurs commises

toutes nos parts de vertus
nous les avons vendues
pour des magouilles cotées en bourse

ainsi

comme leurs pères avant eux
et les pères de leurs pères ont construit
pierre par pierre, la Nation

eux aussi, grâce à nous
pierre par pierre, la démoliront

aux pères, aux grands-pères, la Nation
sa construction, blablabla, décorations

aux fils, petits-fils, corruption, désolation
les Prisons, BlaBlaCar, leur construction

pourvu que ça rime
le peuple n’y verra que du feu
on continuera à s’en mettre plein les poches

voilà, monsieur le Ministre
en quelques mots, mon programme

pour l’essentiel, tout y est
et qui clôt de façon définitive
le volet politique du chapitre social
des discussions en cours sur le terrain

tout ceci pour vous dire

que le préfet de Police est un incapable
prenez vous-même les choses en main
vous avez carte blanche jusqu’à demain

vous êtes ministre de l’Intérieur
de jour comme de nuit

si vous avez besoin d’attelles
voyez avec un ministre de tutelle

si vous manquez de munitions
contactez de ma part
le ministère des Armées

à demain, au conseil des Ministres
avec de bonnes nouvelles, j’y tiens



image : Hubert de Thé sur Pixabay


La mission

Bravo, petit !

cet air hilare et satisfait
pour un bout d’œuvre inachevée :

un gros soleil en haillons rouges de rayons
sourire banane au rouge à lèvres

je vois que tu prends déjà ta vie en main
tu l’écris en rayons de couleurs
tu la rayes de mots bleus
tu rayonnes de joie
tes rires en résonnent

mais sache que sur ce chemin
tu n’auras que tes mots nuageux
serrant de rage une plume en haleine

si tu te suis sur ce chemin
tu seras pointé du doigt
par tous ceux
qui n’ont pas d’encre sur les mains
et par les autres
qui ont largué leurs rêves en route

ta carrière est toute tracée
aux crayons de soleil
c’est une carrière de poisson rouge
de pêcheur de mots de mer

ton cadre à toi, ta branche
c’est l’infini de l’océan à perte d’horizon

l’horizon perdu

rejeté en mer par les pêcheurs de mots déchus
les mots poissons
tous les déçus

ton devoir, ta mission si tu l’acceptes
c’est l’impossible

c’est de le peindre pour eux
suspendu en acrobate
sur le fil des couleurs

mais attention, petit

sur ces chemins d’infortune
ils sont déjà nombreux
les clochards habillés de gâché
à mâcher des regrets de papier

en fait

si tu refuses de grandir
si tu t’enfuis sur cette route
tu n’en reviendras pas
tu seras étonné

et tant qu’à faire

puisses-tu n’en jamais revenir
et puiser la force de cultiver la grâce
pour semer quelques nuages en route
quitte à les perdre de ta poche

et tu sais quoi ?

à force d’être étonné
tu n’en finiras plus
d’être formé d’étonnements





(Image : un soleil souriant sur Paintingvalley)


Sangs dessus dessous

Surtout ne m’écris que je ne te réponde
ne donne libre cours à tes folles envies
tu répandrais semailles de nos anciens désirs
sur nos chemins herbeux en jachère d’amour

tu rallumerais nos fougues en foudres
sur de la poudre qui fut à vif notre engrais
tu dresserais encore des foules
à s’élever de rage contre nos cris

femme fantasque et fantastique
poudrée de lumière de phare et qui m’a ébloui
parfois jusqu’à l’aveuglé ment pour se nourrir

m’éveillerais-tu encore
à nos sens dessus dessous
emmêlés sens épris
de l’autre pour sa peau

sangs dessous, peaux dessus
en mers agitées de courants d’énergie
qui voguaient de tangos en roulis

que cherches-tu à me réémerveiller
me trouveras-tu prêt à me rééveiller
à nos fantasmes d’autrefois
dans ces orgies de souvenirs

tu débauchais alors mes brides
et j’acquiesçais à tes douces folies
mais ce temps-là est révolu

alors je t’en prie
surtout ne m’écris
ne m’en dis davantage

donnons-nous au contraire
des motifs de patience
comme une seconde chance

nos visages apprennent le sillon
pour creuser dans l’hiver

n’aie crainte de la dernière
des plus belles saisons

nous nous bientôt heureux
retrouverons tous deux

nous nous rallumerons
et nos yeux brilleront





(Image : congerdesign sur Pixabay)


Fontaine, fontaine

Près de la fontaine
il y a des tables, des chaises

et sur les tables

des tables de La Fontaine

à apprendre par cœur
jusqu’à 12 œufs fois 13 veaux
égalent une mare de sanglots

les tables de La Fontaine

divisent les cigales contre les fourmis
ajoutent au charme des renards
multiplient les petits morceaux
de mouches et de vermisseaux
élèvent au carré la honte des corbeaux
soustraient les chênes lors des orages
et font d’un petit camembert tout un fromage

fontaine, fontaine, tu sais
j’en ai bu de ton eau

mais dedans, un jour, merci beaucoup
il y avait une grenouille et un bœuf
et les deux étaient crevés

ça m’a transformé en crapaud
c’est là que la princesse est arrivée
elle n’a vu que les roseaux

fontaine, fontaine
tu me dois un amour



Jean de La Claire Fontaine est un célèbre poète français du XVIIe siècle. Il est l’auteur, notamment, de nombreuses fables au sirop d’Ésope.


de mémoire

quelques-unes de ses plus célèbres :

La Cigale et la Fourmi
Le Corbeau et le Renard
Le Lièvre et le Tort tue
La Chaîne et le Roseau
La Vache et le Prisonnier
Fantômette et le Masque d’argent
Le Loup et l’Agneau
Les musiciens de Brême
Les deux bossus
La chèvre de monsieur Seguin
Le Loup et le Chien
Le Coche et la Mouche
Fantômas ne meure jamais
La petite marchande d’allumettes
Conseil tenu par les rats
Rodilard, héros des chats
La poulette aux yeux d’émeraude
La Bergère et le Ramoneur
À la claire fontaine
Perrette et la Poule au pot
La Laitière et le Pot au lait
Pierre et le Loup
Le Roi et l’Oiseau
Frère Jacques
La Mer
Le Sud

de mémoire


c’est important, la mémoire
se souvenir, ça nous constitue

les souvenirs sont notre Constitution
notre Préambule, notre Socle, notre Charrue
devant les bœufs de nos illusions

(allusion aux alluvions-désillusions
que l’on charrie tout le long
du courant de notre vie)





(lien Wikipédia vers Jean de La Fontaine)

(Image : jackmac34 sur Pixabay)


Les daronnes

Les mouettes fondent en piqué
sur les terrasses des restaurants
et des cafés du bord de mer

l’escadrille est accueillie
par des tirs nourris
de toutes sortes de jurons
et de jets d’espadrilles

c’est l’heure de l’impôt !

les sœurs de la côte
rackettent les touristes

leur piquent leurs frites toutes chaudes
leur chipent juste sous le nez
leurs jolies chips qui croustillent

la moutarde et le ketchup
leur montent vite à la tête

un marchand ambulant détale
sans demander son reste

un hot-dog pissant l’épice
y perd le tiers de sa saucisse

un chat ne leur doit la vie sauve
que contre un bout de sa queue

« hé, les filles !
une vieille chouette ! » crie la chef

elles lui foncent dessus

lui cassent sa canne sur la tête
lui bouffent son sonotone
lui pètent ses lunettes
lui cassent la gueule
lui piquent son sac

« glace à la vanille à 16 h ! »

mais la fillette conteste
et leur jette des cailloux

« oh, mais attends un peu
tu vas voir petite rebelle »

elles lui picorent la tête
lui arrachent des larmes

puis un œil et les piles
de sa Barbie qui sourit

son petit frère accoure
mais se fait faucher
d’un croc-en-jambe
d’une aile au ras du sol
dans un looping de barrage
pas très réglementaire

la petite empoignant sa colère
pour protéger son petit frère
leur balance à la tête
le corps sans vie
de son amie assassinée

ressuscitant le temps d’une courbe
sa Barbie disparue
d’un blé mouvement
de blondeur de cheveux

ce qui suscite aussitôt
dans la mêlée ouverte
des blanches hyènes ailées
nombre d’injures conjuguées
dans des modes grossiers

bientôt repues de sucré et de salé
les grosses garces s’enfuient à tire-d’aile
dans leur tanière au fond d’un gros nuage
déguster le chiwawa de la vieille dame
avec des grains de café, volés





(image : foolhouse sur Pixbay)


Nouvel an, nouveau système

– conseil de sécurité de l’ONU –

« À la communauté internationale
rappelons le principal chef d’exécution :

fréquents survols de la Cité interdite
sans la moindre autorisation, et ce
malgré de nombreux avertissements

par voie de conséquence

après comparution immédiate en direct
l’accusé ne pouvant se prévaloir
d’aucune stature de prisonnier politique
non plus que de statues diplomatiques
autres que d’anciens cultes interdits

le délinquant de droit hors du commun
a été exécuté cette nuit en direct
par un tir de rayon gamma à très haute énergie
depuis nos bases militaires lunaires
puis immédiatement remplacé

– car personne n’est irremplaçable
dans le nouveau système –

son remplaçant est bien évidemment
un soleil de fabrication chinoise

il n’y a donc plus de système solaire
il n’y a plus qu’un système chinois planétaire »






(Image : Gardiens porte Cité interdite de DEZALB sur Pixabay)


Drame de la ruralité

En mettant fin à ses jours
une cloche qui se pendait
a failli étrangler une vache

on vient juste de la ranimer
mais elle est bien sonnée

la vache bien sûr !

la cloche, elle
elle s’est pas ratée

JOURNALISTE BFMTV

bonjour, madame

comment vous allez ?
vous vous remettez ?

LA VACHE

je me remets, je me remets
c’est vite dit, ça
je me remets mais lentement
très doucement

j’ai vraiment eu chaud
je reviens de loin
j’ai eu la peur de ma vie

cette cloche

elle était complètement fêlée
je l’avais déjà signalée
ce n’était pas la première fois

je ne pouvais pas faire un pas
sans qu’elle me suive partout
en se faisant remarquer

« oui, mais comprenez
elle s’est attachée à votre service »
qu’on m’avait répondu

la belle affaire !

moi, je suis terriblement choquée
peut-être même que plus jamais
je ne pourrai fabriquer du lait

je n’arrivais plus à respirer
j’ai vu danser des étoiles toutes nues
et je vous jure que c’est vrai
ma vie s’est mise à défiler devant mes yeux

moi, mon métier, c’est le lait
je ne fais de mal à personne
je ne suis pas une vache folle

je connais aussi mes droits
je n’ai peut-être pas l’air comme ça
mais je ne suis pas qu’une conne
je ne suis pas une vache belge
et j’ai des droits européens

à Bruxelles, j’ai du monde
je connais bien José Bové
quand j’étais petite
il était venu me gratter la tête

oh, je ne suis pas dupe
c’était pour les journalistes
c’est comme ça en politique

n’empêche, il m’en doit une






(Image par Alexas Fotos de Pixabay)


Refonte de la gestion de flux

Le reflux écolo dans la gestion des eaux

l’écoulement des foules et des grains de maïs

le maintien à flot des zoos usés

l’écoulement de la crasse et la fonte des glaces

le repli en bourse des cours du grain

la chasse à cour des poules, dans la basse-cour, des épis de maïs

la hausse des prix dès la chute des silos

les fautes commises par la fonte des glaces :

– les glaces à la vanille et au chocolat
– les banquises à l’otarie et à l’ours en gelée
– les crèmes glacées à la mer et au soleil

et le poids irresponsable de la fonte industrielle
dans l’enfoncement des îles flottantes
et la noyade des incontinents






(Photo : Île flottante de Stéphane PERES)


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